Comment la collaboration définira le succès dans le secteur des emballages médicaux
La durabilité continue d’être un moteur majeur de l’innovation dans le secteur de l’emballage médical, et à juste titre. À mesure que les pressions réglementaires augmentent et que les attentes en matière d’économie circulaire et de solutions à faible carbone se renforcent, le secteur est confronté à une question essentielle :
Comment l’emballage médical peut-il devenir plus durable sans compromettre la sécurité, les performances ou la conformité ?
Nous nous sommes récemment entretenus avec Shahin Sandino, directeur mondial de la durabilité chez Oliver, afin d’explorer les défis et les opportunités du secteur en matière de durabilité.
Quel est votre parcours et comment en êtes-vous venu à vous intéresser à la durabilité dans le secteur de l’emballage médical ?
Ma carrière s’est construite autour des matériaux d’emballage, en particulier les polyoléfines, largement utilisées dans les emballages alimentaires, les dispositifs médicaux et les applications de santé. Au fil des années, j’ai eu l’opportunité de travailler en étroite collaboration avec de grandes entreprises mondiales du secteur de la santé, ce qui m’a permis d’acquérir une solide compréhension pratique à la fois des performances des matériaux et du cadre réglementaire qui régit les emballages médicaux.
En dirigeant des activités dans les secteurs des emballages médicaux et pharmaceutiques, je me suis intéressé au marketing stratégique, à l’innovation et au développement de partenariats tout au long de la chaîne de valeur, en particulier dans les applications à forte valeur ajoutée comme les dispositifs médicaux. Cette expérience a façonné ma manière d’aborder la relation entre matériaux, performance et conformité.
J’ai commencé à travailler sur des modèles économiques circulaires à travers le recyclage mécanique et chimique dès 2015. Ces projets comprenaient des évaluations technologiques, le développement de modèles économiques évolutifs et le positionnement stratégique à long terme. Je me suis particulièrement concentré sur les portefeuilles circulaires et à faible carbone, ainsi que sur la manière d’intégrer la circularité dans les chaînes de valeur existantes des polyoléfines.
L’ensemble de ce parcours m’a naturellement conduit à me concentrer sur la durabilité dans les emballages médicaux. C’est un domaine où je constate de réelles possibilités de générer des changements significatifs.
Quelles sont vos réflexions générales sur la durabilité et le secteur des emballages médicaux ?
La durabilité est souvent présentée comme une simple proposition de valeur, mais d’après mon expérience, elle comporte également des risques que le secteur doit traiter collectivement et atténuer parallèlement aux modèles de création de valeur. Les exigences réglementaires s’alourdissent et les coûts en matière de conformité augmentent, ce qui entraîne des complexités opérationnelles. Si ces complexités ne sont pas gérées efficacement et en suivant les exigences du secteur, elles peuvent ralentir l’innovation et la transformation pourtant nécessaires.
Selon vous, quel est le principal défi pour parvenir à des emballages médicaux véritablement durables ?
L’un des plus grands défis est que les emballages médicaux ne sont pas encore pleinement intégrés dans les principales directives et principaux cadres réglementaires de durabilité. Par exemple, de nombreux cadres réglementaires, tels que le règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages (PPWR), se concentrent principalement sur les emballages destinés aux aliments et aux biens de consommation, tout en exemptant partiellement ou provisoirement certaines applications d’emballage médical. Cela augmente l’incertitude et les risques associés. Mais cela offre également au secteur l’opportunité d’élaborer une feuille de route de transition et d’identifier des solutions fondamentales pour répondre à des exigences réglementaires complexes. À mesure que les attentes réglementaires en matière de conformité augmentent, le secteur de l’emballage médical doit davantage se concentrer sur le développement de stratégies permettant de passer d’un modèle linéaire à un modèle circulaire ou à faible carbone. La difficulté est que l’emballage médical doit répondre à des exigences strictes :
- Stérilité et sécurité
- Conformité réglementaire
- Cohérence et prévisibilité des matériaux
Concilier ces exigences avec les objectifs de durabilité est non seulement complexe, mais nécessite également une collaboration et des solutions innovantes. Il ne s’agit pas seulement d’une question de matériaux ; c’est un défi à l’échelle de tout le secteur.
Que faut-il pour favoriser davantage de circularité dans les emballages médicaux ?
Le secteur a besoin de prévisibilité. Les entreprises doivent avoir confiance dans le fait que les matériaux et procédés durables fonctionneront de manière constante pour satisfaire aux exigences réglementaires. Historiquement, le secteur des emballages médicaux a mis du temps à adopter de nouvelles pratiques, ce qui est compréhensible lorsque la sécurité du patient est en jeu. C’est la prévisibilité qui permettra au secteur d’avancer plus rapidement, ce qui est crucial en matière de durabilité.
Pourquoi la collaboration est-elle si importante pour une industrie de l’emballage médical durable ?
La collaboration est essentielle à une transformation réussie, car le secteur de la santé est interconnecté et complexe. Aucune entreprise ne peut à elle seule mettre en œuvre avec succès un changement systématique sans une collaboration plus large. Plus les acteurs du secteur collaborent, plus ils pourront développer rapidement des solutions à la fois sûres et durables.
Avez-vous d’autres réflexions sur la durabilité que vous souhaiteriez partager ?
Je pense que la transition vers des emballages médicaux plus durables ne se fera qu’à travers la collaboration. Cela nécessite une action collective à travers l’ensemble de la chaîne de valeur et du secteur. Les entreprises prêtes à collaborer, partager leurs connaissances et s’aligner sur des normes communes seront celles qui accéléreront les progrès. Je suis convaincu qu’en matière de durabilité, il ne saurait y avoir de compétition car il s’agit d’une responsabilité partagée.